Ma Madeleine Ma madeleine de Proust : « locro de papa con queso »

 

En début d’année, une de nos profs nous a demandé d’écrire un texte à propos de notre “Madeleine de Proust” ainsi que de réaliser la recette afin de la faire déguster au reste de la classe.

 

Ma madeleine de Proust : « locro de papa con queso » 

Me voilà donc dans un supermarché de Sluis, à la recherche de produits hollandais, dans l’espoir de trouver THE madeleine. Celle qui ravivera en moi plein de tendres souvenirs d’enfance. Au fur et à mesure que j’avance entre les allées du magasin, mon panier ce remplit : de indonesich satésaus qui accompagnait mon paquet de frites, de beschuiten que ma grand-mère paternelle me tartinait d’une couche de beurre et de sucre, de pindakaas qui agrémentait mon riz lorsqu’il n’y avait pas de satésaus, de frietsaus qui accompagnait, elle aussi, mes frites (c’est trop dur de faire un choix entre la frietsaus et la satésaus !), de kokosbrood que je dévorais à même le paquet, de schuimblokjes que je partageais avec mon papa, … Tout y passe !

Malheureusement, après une orgie délicieusement sucrée et grasse de laquelle j’attendais monts et merveilles en matière de souvenirs scéniques, rien ne vient. Rien, nada, niks. Du moins, pas de quoi écrire tout un texte.

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Et là, l’illumination ! Je ne dois pas chercher aussi loin dans le temps ! S’il y a bien un aliment qui me rappelle une kyrielle de souvenirs, c’est l’avocat ! L’avocat qui, en Équateur, est utilisé pour agrémenter certaines soupes. Dont le locro de papa.

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Un samedi soir de septembre, je suis en Équateur pour la seconde fois. J’accompagne mon ami Wilson ainsi que la famille de sa fiancée, Gabby, sans trop comprendre où nous allons. « On doit vite faire une course avant d’aller manger. »

Premier arrêt : le fleuriste. Après avoir littéralement acheté TOUTES les fleurs de la boutique (y compris des roses teintes à l’encre bleue et des marguerites oranges fluo kitchounettes à souhait), nous nous remettons en route. Cette fois-ci nous arrivons à une petite église perchée sur les hauteurs de Quito. Wilson nous explique que c’est au tour de la famille de Gabby de décorer l’église en vue de l’office du dimanche. Nous voilà donc en train de transformer la mignonne petite église en jardin botanique Fischer-Price. On ne badine pas avec la religion chez les Armas-Landetta !

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Après l’effort, le réconfort : direction le restaurant. Restaurant étant un grand mot pour ce bouiboui dans lequel je n’aurai jamais osé mettre les pieds par crainte d’une intoxication alimentaire. Papa Landetta commande le même plat pour toute la tablée : un locro de papa. « Papa » veut dire pomme de terre en espagnol, mais locro ? Pas la moindre idée !

J’ai un peu peur de ce qu’on va me servir, les équatoriens sont des petits rigolos quand il s’agit de gastronomie : foie de cheval, cochon d’inde, pattes et crêtes de poulets, gros morceaux de graisse de porc et autres joyeusetés sont monnaie courante. En attendant, on grignote du tostado : maïs grillé qui ressemble aux grains qui ont oublié d’exploser lors de la fabrication du popcorn (ceux-là même qui nous embêtent au cinéma).

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Enfin, la señora nous amène des bols de soupe fumante avec, pour unique « objet » flottant, un quartier d’avocat, ouf ! Bon, on est d’accord, un morceau d’avocat dans une soupe chaude ça reste bizarre. Mais c’est vachement plus appétissant qu’une patte de poulet !

Un parfum de cumin envahit la pièce. La soupe est jaune pâle, épaisse et très onctueuse. Elle n’a pas un goût très prononcé, même si elle pique un peu … voire beaucoup (surtout à la fin !). Le locro met tout de suite à l’aise, il est nourrissant et quelque part, rassurant.

Mes amis l’arrosent allègrement d’ají, sorte de tabasco local, malgré qu’elle soit déjà bien pimentée.

Et c’est sur cette première cuillerée de soupe que se termine mon souvenir.

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La recette :

Ingrédients :

  • 10 grosses pommes de terre (peu importe lesquelles, on ne trouve pas les mêmes ici)
  • 1 oignon (blanc, jaune, rouge ou bleu à pois, vous avez le choix)
  • 2 gousses d’ail
  • 2 cuillères à soupe d’huile ou de beurre
  • 2 cuillères à café de cumin
  • 1 cuillère à café de ají amarillo (ou de pili-pili, de chili ou de sambal oelek, le but est de pimenter)
  • 6 tasses d’eau
  • 2 cubes bouillons
  • 1 tasse de lait
  • 1 tasse de crème
  • 1 boule de mozzarella (c’est le fromage qui se rapproche le plus à celui utilisé en Équateur)
  • Pour finir : sel, poivre et avocat (et un peu plus d’ají peut-être?).

Préparation :

  • Faire chauffer l’huile puis ramollir les oignons et l’ail coupés avec le cumin et l’ají amarillo.
  • Ajouter les pommes de terre en morceaux et mélanger.
  • Après environ 5 minutes, ajouter l’eau et les cubes bouillons.
  • Laisser cuire puis écraser grossièrement à l’aide d’un presse-purée.
  • Baisser la température et ajouter le lait ainsi que la crème. Laisser encore cuire 5 minutes. Si la soupe est trop épaisse, ajouter plus d’eau ou plus de lait.
  • Ajouter la mozzarella en petits morceaux et les laisser fondre.
  • Servir avec un morceau d’avocat.

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